Grands enjeux de rentrée pour les complémentaires
De rapports en petites phrases les pouvoirs publics avancent sur le dossier des rôles respectifs de l’assurance-maladie et des assureurs complémentaires. Ces derniers ne sont pas en reste.
Publié le 29 août 2021 2 min de lecture
Les professionnels du secteur ne cachent pas leurs craintes de voir les équilibres traditionnels profondément remis en cause. Si l’idée n’est pas nouvelle, la tentation a été renforcée par la crise sanitaire.
Celle-ci a en effet donné l’occasion, au nom de l’urgence, de faire préempter par l’assurance maladie tout un pan d’interventions dévolues depuis des dizaines d’années aux complémentaires. Il est vrai que le système est complexe et peut freiner le développement d’une assurance santé quasi-universelle et, surtout, sans avance de frais.
À cette perspective, les assureurs complémentaires peuvent opposer la réactivité indiscutable dont ils ont fait preuve, notamment sur le terrain économique, pour permettre aux système et aux entreprises de passer le cap. Car au-delà des actions de solidarité mises en place pour les adhérents et clients, leur capacité de résilience a largement contribué au succès du dispositif de soutien de l’économie.
Le dossier est complexe et le rapport de force se construit. Fin juillet, un rapport de la Cour des Comptes estime que si le système est protecteur, il n’est pas efficient. Une synthèse un peu curieuse puisque le rapport repose essentiellement sur une analyse de la Complémentaire santé solidaire (pilotée par l’État, rappelons-le), et sur les enquêtes, largement à charge, d’une association de consommateurs. De quoi rallumer la colère de la FNMF qui estime se trouver devant un rapport partiel et partial. Même tonalité à la Fnim dont le président Philippe Mixe invite dans une tribune le gouvernement « de ne pas céder à la tentation des fake-news ou, plus grave, de la réécriture de notre histoire sociale ». Le même Philippe Mixe indique un peu plus loin que « le gouvernement cède à la facilité (comme toujours ?) en pointant du doigt les mutuelles et les complémentaires santé, plutôt que de s’interroger sur ses propres responsabilités dans le maintien d’une organisation de la santé totalement inadaptée ».
Chacun avance ses pions, et pas seulement sur le terrain politique. Bien connu pour ses études, le groupe Malakoff Humanis apporte sa pierre pour le mur de défense des complémentaires avec une enquête mesurant l’opinion des Français qui conforte le rôle des complémentaires dans l’organisation de la prise en charge 35875. Le groupe récidive fin août avec une autre enquête, réalisé cette fois auprès des chefs d’entreprise. Ces derniers estiment eux aussi que « la coexistence des deux acteurs - Assurance maladie et complémentaires santé - est indispensable au bon fonctionnement du système de santé français » 35897
Mais chacun le comprend bien, raviver aujourd’hui le débat sur les rôles respectifs du régime de base et des complémentaires n’a rien d’anodin. Et tous s’attendent à ce que le débat soit tranché… avec l’élection présidentielle. Le ton est donné.