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M. Ronat & E. Roux

Aesio, la vision de ses dirigeants

Maurice Ronat, président et Emmanuel Roux, directeur général, détaillent les objectifs et la stratégie d’Aesio, dernier-né des grands groupes mutualistes.

Maurice Ronat, président et Emmanuel Roux, directeur général, détaillent les objectifs et la stratégie d'Aesio, dernier-né des grands groupes mutualistes.

Publié le 6 novembre 2016 4 min de lecture

Le 6 juillet naissait officiellement le groupe Aesio, « la première UMG existant à ce jour sous le régime solvabilité 2 avec une solidarité financière totale » comme l’explique son président Maurice Ronat. (voir Fil-Social n°20439).

Les grands principes d’Aesio…

Maurice Ronat  : Groupe Aesio a été créé par trois mutuelles interrégionales, Adrea Mutuelle, Apreva Mutuelle et Eovi Mcd Mutuelle, chacune leader sur leur territoire, non concurrentes entre elles et, en outre, en très bonne santé financière.

La création d’une union mutualiste de groupe est motivée par l’envie de faire ensemble ce qu’il est plus difficile de réussir seul. C’est l’application d’un principe de subsidiarité qui est au cœur d’Aesio.

Pour ce qui concerne l’individuel et le petit collectif, nous souhaitons capitaliser sur cette notoriété et cette proximité territoriale et, dans le même temps, nous voulons nous renforcer sur le « grand » collectif, via tous les canaux de distribution, et sur les CCN (conventions collectives nationales).

C’est là la première mission de l’UMG.

Nous constatons aussi la nécessité de nous diversifier car notre activité est à 90 % mono produit, la santé. Aesio a donc également pour mission de travailler, en relation avec les mutuelles, sur le développement de la prévoyance (quels types de produit, quelles modalités de distribution ? Quels partenariats ?) Etc.

Dans ce domaine, Mutex reste votre partenaire quasi exclusif.

Maurice Ronat :Aujourd’hui, effectivement, la quasi-totalité de notre prévoyance est réalisée dans le giron de Mutex, dont nous détenons 27 % du capital. Les évolutions de l’actionnariat de Mutex peuvent légitimement conduire chacun des actionnaires à repenser sa stratégie.

Et pour l’IARD ?

Maurice Ronat  : Sur l’IARD, l’assurance de biens, une réflexion a été lancée, qui tient compte de l’expérience d’Adrea Mutuelle en la matière. Nous sommes en phase d’appel d’offres pour trouver notre partenaire.

Comment l’activité d’Aesio va-t-elle s’articuler avec celle des mutuelles ?

Emmanuel Roux  : Il y a aujourd’hui deux grands piliers dans l’UMG : le pilier prudentiel, qui matérialise le principe de solidarité intégrale qui est au cœur de la construction d’Aesio (et qui permet de maximiser la capacité de développement du groupe), et le pilier du développement sur le segment de marché des grands comptes, du courtage (national et local) et des branches professionnelles. Ainsi, pour les groupes de plus de 500 personnes protégées, Aesio est l’interlocuteur commercial en relation avec l’entreprise, le courtier ou la branche. Ensuite, pour ce qui concerne la souscription, la tarification, les équipes d’Aesio seront pilotes en s’appuyant sur les équipes des mutuelles qui en assureront la gestion.

Pour prendre l’exemple de la prévoyance, le pilotage de la réflexion stratégique est au niveau du Groupe, en relation étroite avec les mutuelles.

Maurice Ronat  : Les sujets qui viennent d’être évoqués sont des sujets livre II. Il faut préciser que les sujets relatifs au « livre III » (les services de soins et d’accompagnement) ne sont pas dans le périmètre d’Aesio et sont de la responsabilité des mutuelles.

La stratégie des mutuelles est-elle du ressort d’Aesio ?

Maurice Ronat  : Aesio est un lieu de réflexion et d’élaboration d’une stratégie commune sur des sujets jugés d’intérêt commun (c’est l’application du principe de subsidiarité).

C’est également un lieu de partage d’expérience. Prenons l’exemple du nouveau produit senior d’Eovi Mcd (voir Fil-Social n°20911). Comme nous ne sommes pas concurrents, si les autres mutuelles le trouvent intéressant, elles pourront l’intégrer dans leurs gammes.

Quels sont les moyens humains d’Aesio ?

Emmanuel Roux  : Le groupe compte 70 collaborateurs dont 50 au sein de la direction du développement, pour la plupart issus des trois mutuelles.

Les directeurs généraux des mutuelles (Dominique Chaignon, Christophe Debal et Eric Gex-Collet) sont directeurs généraux adjoints d’Aesio.

L’organigramme comprend une direction du développement, dirigée par Denis Fendt, qui est directeur général adjoint également (il y a peu directeur du développement de Swiss Life) et une direction pilotage des ressources sous la responsabilité de Louisa Renoux (ex FNMF), qui a en charge de coordonner les fonctions clefs groupe et d’instruire, en lien avec les directions financières des mutuelles, tous les sujets de nature financière ou prudentielle.

La secrétaire générale (administrative), Aurélie Barbereau-Goupil (ex FNMF également), traite les questions de gouvernance, de communication institutionnelle, les questions juridiques de l’entité. (voir Fil-Social n°20874)

Qu’en est-il de la gouvernance politique ?

Maurice Ronat  : Nous avons un conseil d’administration de 20 personnes, un bureau de 9, un président, moi-même, et deux vice-présidents, Patrick Brothier (Adrea) et Alain Tison (Apreva). Aucune des mutuelles n’a la majorité seule. C’est un choix.

Allez-vous accepter de nouveaux entrants ?

Maurice Ronat  : L’UMG est composée de trois mutuelles fondatrices. Mais d’autres sont appelées à nous rejoindre.

Pour ceux qui veulent travailler avec nous, il existe un outil, l’UGM (union de groupe mutualiste) Aesio Union. Aujourd’hui Solimut est membre d’Aesio Union, cela permet de travailler à des coopérations qui sont une entrée en matière pour, le moment venu, intégrer l’UMG.

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